Métiers en tension

Métiers en tension

La Scalandes adopte le dispositif AIRE pour recruter ses préparateurs de commande

Former, recruter et fidéliser des préparateurs de commande, tout en favorisant l’insertion professionnelle des réfugiés. Pour mener à bien ce projet ambitieux, La Scalandes s’est appuyée sur l’Opcommerce et son dispositif AIRE (Accompagnement et Insertion des Réfugiés dans l’Emploi). Témoignages.

Recruter des préparateurs de commande, c’est le défi de Charlotte Sarthou, DRH de La Scalandes (460 salariés), la coopérative d’achats des magasins Leclerc en Nouvelle Aquitaine. À Mont-de Marsan, où elle est installée, le métier est en tension.

Alors, quand l’Opcommerce lui présente le dispositif AIRE (Accompagnement et Insertion des Réfugiés dans l’Emploi), elle y voit une belle opportunité. « Pour former et recruter ce public invisible pour nous, raconte-t-elle. Mais aussi pour ouvrir l’entreprise au multiculturalisme. »

Soigner le sourcing

L’intérêt du dispositif est d’articuler une POEC (voir l’encadré ci-dessous) avec un suivi renforcé des personnes et de l’entreprise. Pour y parvenir, l’Opcommerce rassemble autour de la table Pôle emploi et les organismes de formation, dont certains sont rompus à la problématique de l’accueil des réfugiés.

Du sourcing des candidats jusqu’à leur prise de poste, La Scalandes a ainsi été accompagnée par Each One (anciennement Wero), un organisme spécialisé dans l’insertion professionnelle de ce public. « Le sourcing est une étape à ne pas négliger, souligne Marie-Lise Coustère, conseillère emploi formation à la délégation Nouvelle Aquitaine de l’Opcommerce. L’enjeu est de créer les conditions optimales pour que les besoins de l’entreprise rencontrent les compétences des personnes réfugiées. »

Ensuite, tout s’est enchaîné. Deux informations collectives, pour présenter le métier et la formation, ont permis d’identifier une trentaine de postulants. A l’issue des entretiens, douze personnes ont été sélectionnées. « Aucune n’a été choisie par défaut, insiste Charlotte Sarthou. Nous devions sentir leur motivation et nous testions leur niveau en français. »

Une formation taillée sur-mesure

Les douze candidats ont commencé par se former. Pendant près de deux mois, ils ont préparé avec CSF, un organisme de formation spécialisé sur les métiers de la logistique, le certificat de préparateur de commande, ainsi que le CACES.

Parallèlement, ils suivaient des cours de français et un programme bâti sur mesure par Each One pour les aider à gagner en confiance, à comprendre leur environnement professionnel, les codes et la culture de l’entreprise. Un menu consistant avant de mettre en pratique leurs nouvelles compétences sur le terrain.

« Nous avons tenu à ce que toute la formation se déroule sur notre site, explique Charlotte Sarthou. Nous voulions que les personnes se sentent intégrées dès le début, qu’elles se familiarisent avec les locaux et rencontrent leurs futurs collègues. C’est à mon sens un facteur qui a joué dans la réussite du projet. »

Pour faciliter leur parcours, La Scalandes a également fourni aux stagiaires un panier repas le midi. « Il faut être vigilant à tous les signaux faibles, comme un problème de logement ou de mobilité, qui peuvent fragiliser une insertion professionnelle », ajoute la DRH.

Des équipes préparées

Avant d’accueillir les stagiaires, l’entreprise a communiqué auprès des salariés et sensibilisé, sur une journée, les managers et les futurs référents pour lever les tabous. « Ils ont travaillé sur des questions concrètes, indique Nicolas Dessez, responsable des relations entreprises de Each One. Comment accueillir des personnes réfugiées dans mon équipe ? Peut-on leur poser des questions sur leur parcours de vie ? Cette journée a aussi été l’occasion de montrer que le recrutement de personnes réfugiées est un sujet de performance pour l’entreprise, pas de philanthropie. »

100% de réussite

« Nos salariés ont apprécié cet espace de questionnement libre et sans jugement, souligne Charlotte Sarthou. L’enjeu c’était l’intégration de ces personnes au collectif pour qu’on ne parle plus d’elles comme des réfugiés mais comme des salariés comme les autres. »

Pari tenu ! En trois mois, les 12 candidats ont obtenu leur diplôme et le CACES et tous ont décroché un CDI. Un an après le début de l’aventure, huit travaillent encore pour la coopérative d’achats. « Nous n’avons jamais eu de tels résultats en passant par d’autres dispositifs. Et en interne, l’expérience a produit beaucoup de fierté », assure la DRH qui compte renouveler l’opération.

Surtout, l’expérience de La Scalandes infuse désormais au sein du groupement Leclerc. Scapartois, la coopérative d’achats des Hauts-de-France, vient d’engager à son tour une POEC AIRE.

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